EXPLOSION DE L'INSECURITE : UNE REALITE QUI APPELLE DES REPONSES FORTES ET FERMES

Le 5 mai dernier, le Brigadier Eric MASSON tombait en intervention, assassiné lors d’un contrôle d’un point de trafic de stupéfiants, en AVIGNON. Trois jours plus tard, le quartier de la Gabelle à Fréjus était le théâtre de vifs affrontements entre les forces de l’ordre et une cinquantaine de jeunes, qui ont organisé une nuit de chaos dans cette cité méditerranéenne. Ces derniers faits ne sont que la triste illustration d’une situation qui ne fait que se dégrader de jour en jour. En moyenne, on dénombre désormais près de 700 agressions physiques quotidiennement dans notre pays. Tous les voyants sont passés au rouge : homicides : + 9% en 1 an, coups et blessures volontaires : + 8%, violences contre les dépositaires de l’autorité publique, en hausse de 21% en 3 ans. Au total, la France est ainsi devenue l’un des pays les plus violents d’Europe, avec un tiers d’homicides en plus qu’en Angleterre et deux tiers de plus qu’en Allemagne. Et parallèlement, nous sommes parmi ceux qui consacrons la plus faible part de nos dépenses publiques à l’ordre public et à la sécurité (moins de 3% du PIB contre 4,4% au Royaume Uni, données Eurostat).

Face à ce constat alarmant, des mesures volontaristes s’imposent sans délai, à commencer par le réarmement régalien des forces de l’ordre : rénovation des 700 commissariats et gendarmeries dégradés, constructions de nouveaux bâtiments et renouvellement des parcs automobiles, investissements dans des outils informatiques et technologiques, renforcements des moyens de la police technique et scientifique. Ces efforts matériels et immobiliers doivent se compléter par la création de 20.000 places de prison supplémentaires sur les 5 années à venir, en différenciant les établissements de haute sécurité pour les longues peines des structures plus légères pour les autres.

Au-delà de ces moyens matériels, il convient également de « réarmer » notre Droit, en adaptant plusieurs principes. L’instauration de peines planchers à l’encontre des auteurs récidivistes et de ceux qui s’en prennent aux personnes dépositaires de l’autorité publique, constituerait ainsi une réponse efficace pour lutter contre un enracinement de la délinquance. Il ne servirait à rien de durcir certaines lois pénales si, en parallèle, les décisions de Justice restaient incorrectement appliquées. Aussi, la règle de l’automaticité dans la réduction des durées de peines doit être révisée, car elle sape l’autorité même de la décision prononcée. Je suis partisan d’un remplacement de cette réduction par le recours à des libérations conditionnelles au cas par cas, en développant le recours à la surveillance électronique. Quant à la Justice des mineurs, elle doit également être adaptée, car l’alternative systématique à l’incarcération a montré ses limites pour une délinquance précoce, qui s’inscrit pour durer.

Casser le sentiment d’impunité passe encore par le déploiement d’une véritable réponse pénale à tous les comportements délictueux, à commencer par le recouvrement de toutes les amendes pénales (la moitié d’entre elles restent impayées à ce jour). L’exécution des travaux d’intérêt général, auxquels il pourrait être fait plus recours, en raison de leur vertu citoyenne, constitue encore un enjeu pour rendre la Justice plus pragmatique et plus ouverte sur la société. Quant aux procédures judiciaires elles-mêmes, elles gagneraient à être raccourcies, par une politique de recrutement ciblée de magistrats et de greffiers et par une modernisation numérique des tribunaux.

Il est évident que cette lutte implacable que l’Etat doit mener contre le développement de l’insécurité demeure un enjeu majeur pour nos concitoyens, car il ne saurait y avoir de progrès social sans ordre. C’est pour ce motif que mes collègues députés républicains et moi-même avons fait de cette question un axe fort de propositions pour l’avenir.

Concrètement, j’ai fait remonter au Ministre de l’Intérieur les attentes des Syndicats de Police en matière de réglementation de l’accès aux feux d’artifice, car ces derniers sont systématiquement utilisés par les délinquants dans les scènes de guérillas urbaines. A l’échelle locale, je me suis également mobilisé en faveur du maintien du détachement aérien de la gendarmerie de Meyenheim, car l’hélicoptère demeure un outil essentiel pour le démantèlement des réseaux de trafics transfrontaliers et l’assistance aux opérations de secours aux victimes.



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