L'AVANCEE DU COUVRE-FEU : UNE NOUVELLE MESURE RESTRICTIVE DE LIBERTE INEFFICACE ?


Le 2 janvier dernier, 15 départements du quart nord-est se voyaient placés en situation de couvre-feu avancé à 18h00. Le Haut-Rhin a rejoint ce week-end, avec 7 autres départements, la cohorte des territoires où les mesures restrictives de libertés et d’activités s’aggravent pour nos concitoyens.

Sans attendre les résultats consolidés des effets de ces mesures sur le plan sanitaire dans les premières zones concernées, le Gouvernement a donc décidé, au terme d’une concertation purement formelle avec les acteurs de terrain, de renforcer les interdictions de déplacements pour 40% des Français. Selon l’avis de plusieurs spécialistes, « le couvre-feu avancé ne devrait pas réduire significativement le nombre de contaminations et d’interactions », mais en revanche, perturber de façon majeure la vie économique et sociale des régions visées. (article de l’Express du 10 janvier 2021).

Une fois de plus, la solution du pire a été retenue. En parallèle, le rythme des vaccinations s’accélère poussivement et la perspective d’une immunisation collective rapide de la population s’éloigne. Avec elle, l’incertitude la plus totale plane pour une reprise des activités du monde de la culture et de l’événementiel et des secteurs du tourisme et de la restauration. Quant aux stations de montagne, elles sont toujours suspendues à une annonce des pouvoirs publics, qui ne vient pas. S’agissant des étudiants, toujours privés dans leur grande majorité de cours présentiels depuis l’automne, ils ne savent pas quand ils pourront reprendre le chemin des Universités.

L’incompréhension face à la gestion de la crise sanitaire gagne l’opinion et des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer une participation plus large des collectivités territoriales aux prises de décision et aux efforts logistiques pour le déploiement de la politique vaccinale.

Cela fait plus de 10 mois que notre pays demeure secoué par la crise du coronavirus. 10 mois que nos concitoyens demeurent ballotés par une succession de mesures de confinement et de déconfinement et plongés dans un état d’urgence sanitaire permanent, qui a érigé l’état d’exception en règle. Parce que la santé a été considérée comme la priorité des priorités, les Français ont accepté ces orientations et compris la nécessité de fournir les efforts demandés. Mais aujourd’hui, face aux incohérences constatées depuis mars dernier sur les masques, sur les tests et désormais sur les vaccins, et devant une pandémie qui, en dépit des sacrifices consentis, ne recule pas, ils s’interrogent légitimement. Les options choisies étaient-elles les bonnes ? Sont-elles encore les bonnes ?

Il ne s’agit pas ici de critiquer pour critiquer et de minimiser la difficulté de la gestion d’une crise, qui a surpris par son caractère inédit et par son ampleur. Toutefois, à l’aube d’un possible troisième confinement, qui pourrait bien sceller le sort de milliers d’entreprises et de centaines de milliers d’emplois, nous sommes en droit de poser ce débat. Nous sommes fondés à demander de privilégier les tests/isolements et les vaccinations aux confinements et aux couvre-feux.

C’est bien cette voix que j’entends faire entendre, en responsabilité, dans les discussions nationales et régionales à venir, sur la gestion de la crise sanitaire.

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