LE COUP DE TONNERRE DE LA CHUTE DE KABOUL : DES CONSEQUENCES POUR LE MONDE ET POUR NOTRE PAYS ?

Le 15 août dernier, Kaboul est tombée entre les mains des Talibans, ceux-là même qui avaient été chassés du pouvoir par les Etats Unis et leurs alliés vingt ans plus tôt, après les attentats du 11 septembre 2001.

La rébellion talibane contre les Gouvernements d’Hamid Karzaï puis de Ashrah Ghani, mis en place par les occidentaux, n’avait certes jamais réellement cessé. Elle s’est toutefois renforcée lorsque les américains ont confirmé leur départ d’Afghanistan, considérant que leur mission était terminée avec l’élimination d‘Oussama Ben Laden.

Le résultat de ce retrait se mesure aujourd’hui, à travers le pont aérien organisé dans l’urgence pour les nombreux candidats à l’exil. Tous n’auront malheureusement pas pu être exfiltrés. Certains sont même tombés sous les coups d’attentats terroristes, qui n’ont pas tardé à frapper le pays et à montrer l’instabilité extrême dans laquelle la région se trouve désormais. Les Talibans demeurent à la recherche d’une nouvelle respectabilité internationale, notamment à travers son chef Haibattulah Akhundzada. Pourtant, ce dernier n’est autre que l’ancien juge en chef des tribunaux de la charia, consulté régulièrement dans les années 90 par les Mollahs Omar, puis Mansour sur les questions doctrinales et religieuses.

Il est la traduction de la continuité d’un régime, qui s’est certes adapté sur la forme, en acceptant certaines expressions culturelles comme la tolérance de la musique, mais uniquement pour assurer la propagande de son idéologie, ou la culture du pavot, dans le but exclusif de garantir ses sources de financement. Toutefois, sur le fond, les talibans n’ont absolument pas changé et les exactions commises lors des opérations militaires de reconquête en attestent. Il s’agit ni plus ni moins que d’une application rigoriste de l’Islam, avec tous les dangers que cela implique sur le plan des libertés ou de la vie sociale des femmes.

L’avènement de ce régime doit préoccuper les Occidentaux. A défaut d’avoir pu empêcher son retour, la vigilance de l’Europe et du monde semble indispensable. Un Etat dirigé par une organisation radicale constitue en effet une base arrière idéale pour projeter des actions sur tous les continents. Les géopoliticiens appellent ce phénomène « l’effet de souffle », capable de revigorer l’Islam radical et les cellules dormantes partout dans le monde, à commencer par l’Afghanistan lui-même. (attentats de l’aéroport de Kaboul)

Il est ainsi du devoir des Etats occidentaux d’anticiper ce risque d’essaimage du terrorisme. Cette exigence de sécurité passe par la conservation d’une grande lucidité face à ce régime. Kaboul est certes à 5.600 kms de Paris, mais la distance ne doit pas nous donner la fausse impression d’être éloignés de cette actualité. Celle-ci nous rappelle d’ailleurs souvent, qu’en nombre de matières, aucune frontière ne saurait nous préserver de certains risques majeurs.

Je demeurerai, avec les membres de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de l’Assemblée Nationale, particulièrement attentif aux initiatives diplomatiques et militaires prises par l’exécutif pour intégrer dans sa politique étrangère et de défense, tous les aspects du retour des talibans au pouvoir en Afghanistan.


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