PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2022

Projet de loi de finances pour 2022 : un budget responsable et ambitieux pour la France ou des mesures électoralistes de fin de quinquennat ?


Le Budget qui vient d’être voté par le Parlement prévoit 569,8 Mds d’euros de dépenses pour 547,2 Mds d’euros de recettes pour 2022. Ces chiffres attestent à l’évidence d’un nouveau creusement des déficits publics. De fait, la dette franchit désormais le seuil colossal des 3000 Milliards d’Euros, ce qui, ramené à chaque Français, correspond à une dette de 45.000 euros par habitant.

Certains, de façon très démagogique, sont tentés de faire croire que cette dette ne devrait pas être remboursée. Il en va pourtant de la crédibilité de notre pays sur la scène internationale et de sa capacité à rester un interlocuteur de premier plan dans le concert des nations, auquel on continuera, ou non, à prêter. Cette dette, il faudra donc l’honorer.

Or, sur l’ensemble du dernier quinquennat, elle a atteint un niveau abyssal de 680 milliards d’euros. Ce sont bien évidemment les conséquences du « quoi qu’il en coûte » qui se retrouvent dans ce bilan comptable alarmant. Selon un rapport de la Cour des Comptes de septembre 2021, la hausse des dépenses publiques, sur l’année 2020, de l’ordre de 96 Mds d’euros, est imputable à la crise sanitaire pour 86%. Les dépenses non imputables à la crise ont, quant à elles, représenté 14 Mds d’euros d’augmentation, traduction d’une fuite en avant des déficits, qui se poursuit dans ce nouveau Budget. Personne n’a contesté la nécessité de soutenir l’Economie, durant la pandémie. Mais le ciblage des aides et l’adoption de nouvelles mesures, à quelques mois des échéances électorales, posent désormais question.

Parmi elles, celle du chèque carburant, qui fort opportunément été requalifié de chèque inflation par le Gouvernement. Les critères d’éligibilité retenus ne permettent pas de tenir compte de la réalité de ces Français qui, tous les jours pour aller travailler, doivent prendre leur véhicule et subissent de plein fouet la hausse du prix des carburants. Cette aide ponctuelle ne constitue, qui plus est, qu’une redistribution partielle des recettes engrangées par l’Etat, avec la fiscalité appliquée sur les matières premières. Elle s’apparente ainsi à un « cadeau fiscal », qui par sa parcimonie, n’aura pas les effets économiques escomptés, même pour les ménages bénéficiaires. Quant au « bouclier énergie », annoncé par le Premier Ministre, il est regrettable qu’il intervienne à un moment où les prix ont déjà flambé.

Les causes qui avaient alors poussé les gilets jaunes, à partir d’octobre 2018, à battre le pavé, demeurent plus que jamais d’actualité, quand elles n’ont été aggravées. Et parallèlement, les Français ont continué à subir les prélèvements obligatoires, avec un niveau record des taxes et impôts de la France en Europe, correspondant à 43 ,5% de notre PIB.

La rationalisation et la maîtrise des dépenses constituent désormais une nécessité impérieuse. Si nous voulons regagner de la marge de manœuvre, répondre aux défis sociaux apparus comme des évidences avec la crise sanitaire (réforme des hôpitaux, réforme du système vieillesse, souveraineté de nos filières industrielles stratégiques, développement d’une autre politique familiale), bref si nous entendons résoudre cette crise du pouvoir d’achat, préoccupation numéro un des Français, c’est un véritable changement de logiciel qu’il faut envisager. Ce changement, il importe que chacun à notre niveau, nous y soyons prêts, pour bâtir un avenir plus serein pour nos enfants.

Durant les semaines écoulées, je n’ai cessé d’être à l’écoute des attentes des personnels soignants et de l’ensemble des citoyens, pour relayer leurs demandes dans le cadre des débats en cours au Parlement. Ce travail sera poursuivi, avec le souci constant de faire entendre la voix de notre circonscription et de ses habitants.




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